Le livre pourrait se lire en une journée, même une demi-journée. Digeste, accessible, prenez un samedi et achever les 113 pages du recueil de nouvelles de Malicka Ouattara. « Le film d’une vie » est sa première œuvre.
La première nouvelle, je l’ai lu sans vraiment m’en rendre compte. Une histoire éclaire et prenante. Vous arrivez à la fin alors même  que vous êtes encore en alerte. Une histoire classique comme la plupart des nouvelles du recueil, mais relatée avec style. C’est d’ailleurs l’une de mes préférées après celle de la petite sadjee à la page 59. L’histoire de l’adolescente dure deux page, une feuille, mais a la consistance d’une nouvelle de dix pages.
Malicka Ouattara, auteure de « Le film d’une vie », lors de l’émission radio « Bien être littéraire »
L’auteure aborde un thème central : L’amour. Plus tragique qu’à l’eau de rose. La notion de la femme  qui se sacrifie (parfois à la folie) revient assez souvent. Elle le fera pour son enfant (jusqu’à la mort) ou pour un homme (le pourquoi pour lequel), ou encore pour sa famille (garde le pour toi sinon).

Les histoires se terminent rarement bien, et quand cela arrive, la fin paraît un peu trop bien, un peu trop facile (Nous méritons un miracle, le bonheur par la foi). L’avant dernière nouvelle est l’histoire qui m’a parue la plus…maladroite. Et pourtant le début est assez intéressant. Vu la trame, le lecteur – en tout cas moi – s’attend à un scenario moins banal. La chute est tellement belle qu’elle en devient surréaliste. Mais n’est-ce pas là la mission de l’écrivain ? Nous vendre du rêve, de l’espoir ? Peut-être que l’exercice mené différemment, avec plus de subtilité, de finesse aurait donner plus d’originalité à l’histoire de Ariane et Cheick.

Cette originalité que je recherchais, je l’ai retrouvé avec la dernière nouvelle qui a donné son titre au recueil. Des retournements de situation, de la déchirure, de la tristesse. Une vie marquée incessamment par la trahison, le mensonge. L’histoire est la plus longue (26 pages), juste avant celle qui la précède (15 pages). J’ai d’ailleurs noté cette grande asymétrie dans la taille des nouvelles. Ce n’est pas un problème en soi. C’est même intéressant pour le lecteur qui organisera son ordre de lecture en fonction de son temps. Seulement j’ai parfois eu l’impression que certaines nouvelles très courtes (généralement des monologues adressés à un interlocuteur) auraient pu être développés. Ces monologues reviennent très souvent.(Je t’aime, espoir d’un cœur, il fallait bien un point…)
La couverture trahit clairement le contenu. Les éditions Balafons devraient peut être mettre l’accent sur cet aspect important.
Il y a également cette tendance de l’auteur à s’allonger en détails qui peut être à double tranchant. La lectrice que je suis a parfois perdu patience à lire et relire la description d’un sentiment ou d’un individu.
Au-delà de l’amour qui intervenait dans chaque nouvelles sous diverses formes, des thèmes important ont été soulevés : L’exploitation de la femme, les malformations congénitales, Les barrières religieuses, le VIH , la magie…

Malicka a 21 ans et comme le disait une amie : « son imagination n’a pas son âge ». son écriture ne peut aller qu’en évoluant. Mais elle aura eu le mérite de nous livrer une œuvre somme toute agréable.
Pour ma part je reste toujours curieuse en pensant à la petite Sadjee. Il faudra peut-être que je demande à l’auteure de me révéler le fameux secret .
 

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