J’avais quelques appréhensions avant d’acheter ce livre et au moment même de l’entamer. Je pensais qu’il s’agirait d’écrits ennuyeux remplis de débats politiques; mais étant donné qu’il était vendu en promotion, je l’ai tout de même emporté. Je ne suis pas du tout déçue et j’espère que vous aussi aurez l’occasion de l’apprécier.

50 ans d’Indépendance de la République de Côte d’Ivoire en 10 nouvelles est un recueil conçu à partir d’un concours d’écriture organisé par le groupe Fraternité Matin, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance en 2010. Le constat à la fin de cette lecture ? Le pays se portait mal le jour de ses 50 ans. La plupart des auteurs s’est évertuée à rappeler les maux dont souffre la mère patrie, sous différents contextes certes mais presque tout le temps pour les mêmes raisons. Toutefois, certaines nouvelles se démarquent selon moi par leur originalité et la puissance de leur message.
« La belle histoire d’une si douce petite chanson » classée deuxième n’a pas du tout démérité. L’auteur du nom de Grambouté Soiliho a emprunté la voix de l’hymne national de la Côte d’Ivoire pour rappeler les valeurs d’hospitalité, d’unité et de travail que nous prônons. L’abidjanaise ainsi personnifiée, invite les ivoiriens à travailler ensemble sans distinction d’origine et de religion pour bâtir cette Terre d’Esperance que la Côte d’Ivoire est censée être. Cette nouvelle m’a fait me rendre compte que les paroles de l’Abidjanaise sont chantées sans être comprises ni appliquées.
L’une des nouvelles qui m’a bluffée a été classée troisième et est intitulée « Kilomètre 50. » Il s’agit d’une métaphore utilisée par Coulibaly Fangma pour retracer le parcours de la Côte d’Ivoire, 50 années après avoir acquis son indépendance. L’auteur compare ce parcours à un voyage en locomotive auquel prennent part tous les acteurs de l’écosystème politique ivoirien. Il rappelle les années de gloire sous le père fondateur, la coopération avec les pays occidentaux, l’hospitalité envers les autres africains puis l’avènement du multipartisme et les guerres de succession après le départ « du vieux ». En lisant, vous pourrez vous aussi embarquer dans ce voyage pour revivre le passé de la Côte d’Ivoire et peut être comprendre ce qui n’a pas marché.
Koffi Kouakou Patrick a été le grand gagnant de ce concours avec sa nouvelle « Pour des lendemains meilleurs ». Le narrateur et personnage principal est le président de la Fédération nationale des Associations de jeunesse de Côte d’Ivoire (FNAJ-CI). Face au beau monde réuni sur la Place de la République pour la célébration du cinquantenaire, il décide d’étaler au grand jour tous les maux dont souffre la patrie. L’auteur étant un étudiant de droit, je devine qu’il a revêtu la robe de l’avocat de la plaignante (la Côte d’Ivoire) pour accuser les leaders politiques, les acteurs du monde éducatif et la jeunesse elle-même d’avoir gâché toutes les valeurs d’antan et l’héritage « du vieux ».  En parcourant cette nouvelle, je me suis demandé si ce discours aurait pu passer sur notre chaine de télévision nationale en lieu et place des dithyrambes habituels.
Les sept autres nouvelles vous feront également passer du bon temps et vous rappelleront certains évènements peu glorieux dans notre histoire. Il suffit de vivre en Côte d’Ivoire pour savoir que beaucoup de choses sont à revoir. Peut-être serez-vous remonté en parcourant ce recueil mais sachez qu’au final c’est tout le monde qui doit travailler dans l’union et la discipline pour redonner à la Cote d’Ivoire son éclat d’antan.
 
T.S.
 

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