Avec Abraham du Burkina et Jean Baptiste de la Côte d’Ivoire
Ce samedi 23 janvier 2016 a été particulièrement « Arty » pour moi. J’ai été visiter la performance publique des artistes présélectionnés pour Les Guyzagn 2016. dont le résultat sera annoncé le vendredi 29 janvier lors d’un Gala à la Galerie HOUKAMI GUYZAGN.
Le temps était parfait pour une telle activité. Commune du plateau, Bord de lagune, musique en fond sonore, les artistes sont déjà plongés dans leurs sculptures, leurs tableaux…
Je suis naturellement attirée par la seule femme candidate aux prix (solidarité féminine oblige). Cachée derrière une cabane, monopolisée par sa peinture, elle ne me remarque pas. Youssouf Bath, peintre émérite et membre du comité technique à ses côtés, engage une conversation avec moi. Je lui demande pourquoi il n’y a pas eu assez de filles parmi les finalistes. Désolé, il m’avoue qu’elles ne s’investissent pas forcément jusqu’au bout. Et pourtant il y a beaucoup de filles inscrites aux beaux Arts. Le véritable problème serait donc la constance. Ozoua qui nous a entendus, confirme en livrant sa propre expérience. Femme au foyer, elle a déjà envisagé tout arrêter pour se consacrer à sa famille.
Ozoua, seule femme candidate
Je m’attarde un moment sur son tableau haut en couleurs, avant de me diriger vers la sculpture d’une femme, un enfant à ses pieds.
Barth Bablon en est l’auteur. Il paraît très acharné à la tâche. La vérité est que Barth est pressé par le temps. Les intempéries du mercredi passé et les exigences de la matière qu’il utilise demandent plus du temps à lui autorisé (une semaine). Mais il ne lâche rien. Il a étudié la sculpture à Abengourou et est aussi cinéaste (Je viens de me rappeler qu’il devait me remettre un CD avant mon départ – partie remise).
Barth Bablon, sculpteur
Il fait de plus en plus chaud. Je m’assieds un moment pour apprécier la vue. D’où je suis je peux regarder un des artistes burkinabé, achever sa sculpture faite de matériau de récupération en fer. A côté un autre candidat installe des sacs de cacao qu’il a semble t-il défait pour en fait un tissu sur lequel il fera sa création.
Rappelons que le thème des Guyzagn est: L’Art et notre richesse: Le cacao
Une boisson glacée plus tard je reprends ma visite. Je me rends sur le petit pont en bois où Abraham, peintre burkinabé achève son oeuvre. Une représentation très parlante, du circuit de commercialisation du cacao, et un brin rigolo, à l’image de son auteur d’ailleurs. Abraham est en effet une personne plutôt drôle et joviale. Il est assisté dans ses drôleries par Jean Baptiste, peintre ivoirien.
Le tableau de Abraham
 
Je dois m’arrêter sur Jean Baptiste, enfin sur son tableau. J’y ai ressenti du Basquiat un peu comme avec Mederic Turay ou Aboudia, de jeunes peintres ivoiriens internationaux. Le résultat est beau somme toute. Plus tard je le vois affairé sur un autre tableau qui a à peu près le même style que le sien, en plus urbain cependant. Il s’agit de celui de son éléve, candidat comme lui. Il l’aide dans les finitions.
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C’est bien ce qui m’a le plus marquée ce samedi. La solidarité.
Entre peintres, entre sculpteurs, dansant, chantant, ils s’entraidaient sans considération de leur statut de concurrents.
Je suis repartie en me demandant qui de ses jeunes passionnés finira Lauréat.  Mais quel importance finalement… Ce vendredi 29 janvier à la Galerie HOUKAMI GUYZAGN, ce que nous célébrerons en dehors même des lauréats, c’est bien l’Art et l’amitié.
Vous pouvez déjà visiter l’exposition des œuvres dès aujourd’hui mardi 26 janvier à la Galerie.
 

 

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