« Félicité », le film d’Alain Gomis ressemble à son personnage principal. Orgueilleux, fort, dur, rebelle, sans maquillage ni artifices. Comme elle, il ne s’offre pas. Il consent seulement à se laisser découvrir peu à peu, en gardant une grande part de mystère. Si Félicité se laisse rattraper par son humanité, elle refuse cependant de se laisser mettre en cage.

Par Stéphanie Dongmo

Le film nous présente en des gros plans trois personnages (Félicité, son fils et celui qui deviendra son amant) sans prendre la peine de nous dire d’où ils viennent, où ils vont. Il nous permet juste de saisir leur évolution à un moment donné, avec en fond sonore la fureur de Kinshasa. La quête de la vie ici est d’abord quête spirituelle. Affronter ses propres ténèbres pour renaître à la lumière. L’amour est au rendez-vous. Souvent blessant, rêche, presque sans joie. Mais qu’est-ce qu’aimer ? Qu’est-ce que vivre ?


Ce film, avec sa générosité musicale et visuelle interroge, bouleverse, surprend. Après l’avoir vu, ma joie est complète. Je n’attends pas d’un film qu’il me ménage ou me conforte dans mes certitudes, ni des personnages qu’ils s’expliquent ou se justifient. J’attends d’un film qu’il me saisisse, me déstabilise, me blesse même mais toujours, m’entraîne loin. Il faut tirer le cinéma par le haut, le public avec.
Après donc bien de discussions depuis le FESPACO, je choisi le camps des pour.

Categories: Arts visuels

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