La danseuse, chorégraphe internationale et fondatrice de l’Ecole des Sables, Germaine Acogny, a reçu tous les honneurs. D’abord chevalier de l’ordre du mérite, ensuite, chevalier de la légion d’honneur elle passe maintenant à la plus haute distinction : officier de la légion d’honneur. Son insigne d’officier de la légion d’honneur lui a été remise, par l’ambassadeur de la  France au Sénégal, Christophe Bigot, qui a organisé, dans sa résidence située au Cap Manuel, une cérémonie, rien qu’en son honneur !

Par Coralie

© Sophie Negrier

 « Au nom du président de la République et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés je vous fais officier de la légion d’honneur». C’est en ces termes que Christophe Bigot, l’ambassadeur de la France au Sénégal a procédé à la décoration de Germaine Acogny.

Après avoir épilogué sur le long et riche parcours de la danseuse et chorégraphe l’ambassadeur a reconnu, l’immense talent de Germaine Acogny, ainsi que sa ténacité, sa créativité. « Elle a réinventé l’art de la danse et en a fait profiter toute une école, l’école de la danse, l’Ecole des sables qu’elle a créée. Elle a réussi à allier modernité et traditions. Et elle le fait avec beaucoup d’imagination, de charme. C’est tout naturellement que la France a souhaité reconnaitre ses talents en lui décernant, par mon truchement cette légion d’honneur au grade d’officier. C’est la reconnaissance pour une très belle contribution à l’humanité dans le domaine de la danse » a souligné son excellence Christophe Bigot.

Quelques minutes avant d’épingler cet insigne, à l’As de la danse africaine et contemporaine et ancienne directrice de Mudra Afrique,   M. Bigot, confiait toute la joie, « joie de porter la plus prestigieuse décoration française, d’officier de légion d’honneur, à la plus distinguée des danseuses. «Vous méritez toutes les distinctions. Vous en avez d’ailleurs une belle collection !» a-t-il déclaré. Oui elle en a une pléthore. Mais à juste titre, la danse africaine lui doit aussi beaucoup.

La danse, toujours la danse

Depuis 1968, année où elle a ouvert son premier studio de danse à Dakar, jusqu’à ses 72 ans, la danseuse, a toujours porté sur ces épaules, la destinée de la danse. Entre 1977 et 1982 elle dirige Mudra Afrique, créé par Maurice Béjart et le président Léopold Sédar Senghor à Dakar. En 1980, elle fait paraitre son premier livre : La danse africaine. Après la fermeture de Mudra Afrique, elle part à Toulouse, s’installe ensuite à Bruxelles avec toujours Maurice Bejart. Et organise des stages internationaux de danse africaine.

Source : Nouvel Obs

En 1985, elle retourne à Toulouse avec son mari et rentre au Sénégal 1995. Là ses actions pour la danse reprennent de plus belle. Elle mettra sur pieds une association dénommé Jant Bi, qui donnera naissance en 2004, à sa renommée Ecole des sables située à Toubab Dialaw. Chaque jour elle commence ses journées, par une méditation face à la mer. Enchaine avec ses séances de marche quotidiennes et actives à la plage et dédie son corps sur un cours solo. Comme une forme de prière qui rend hommage à Maurice Béjart, l’une des grandes rencontres de sa vie, faite de danse, de danse et encore de danse. Elle créé plusieurs chorégraphies, dont celles intitulées : le Sahel, Yewa, Eau sublime, les Ecailles de la mémoire, Waxtaan… En 2014, elle a été classée selon Jeune Afrique parmi les 50 personnalités… lit-on dans sa biographie.

Ce regard porté sur l’avenir

Après plusieurs décennies passées au service de la danse à travers, l’école des Sables, l’association Jant Bi…Mme Acogny a gardé de bons et beaux souvenirs et se réjouit de voir aujourd’hui des jeunes vivre de leur art, ouvrir des écoles de danse, créer des compagnies, des festivals comme Kaay fecc, Duo solo. «C’est une grande récompense de voir que des jeunes créent et font des créations, c’est extraordinaire ! » a-t-elle soutenu heureuse et fière. Elle requiert davantage d’appui et de soutien pour la danse. Car sait-elle «C’est de plus en plus dur pour les jeunes. Nous comptons sur votre appui pour que l’aide de la France continue. J’exhorte le gouvernement à aider la danse, pour que les jeunes puissent s’épanouir dans ce domaine… » A-t-elle plaidé, la chorégraphe, qui à 72 ans réussit encore d’être la jeune fille, l’élue noire, sacrifiée par Olivier Dubois. C’est sous le regard tendre de l’assistance, qu’elle a reçu sa légion d’honneur, faisant d’elle un officier, au service de la danse. Elle a remercié la France, qui tout autant que le Sénégal, ses deux pays. «J’apprécie autant cette distinction qu’elle intervient au moment où je prends ma retraite en tant que directrice d l’Ecole des sables et ou je passe le flambeau à mon fils Patrick : chorégraphe, danseur, et professeur».

 

Categories: Arts scéniques

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *