Créée et installée en 1998 au Sénégal, l’école des sables est le fruit d’une vision partagée entre la célèbre chorégraphe Germaine Acogny et son époux Helmut Vogt. Ce centre international de danses traditionnelles et contemporaines d’Afrique, sert de cadre de transmission à travers des enseignements théoriques et pratiques.

C’est dans cette dynamique qu’il s’y tiendra du 19 février au 3 mars le stage de danse “Les grandes Dames des danses d’Afrique”.

Patrick Acogny, directeur artistique de l’école, a bien voulu nous en dire plus. Notre entretien.

Une analyse des œuvres que nous avons produites montrerait notre intérêt pour une poétique du quotidien

– Vous êtes le directeur artistique de la mythique école des sables. Quelle est la particularité des créations de l’école, quel est l’élément majeur qui s’y retrouve toujours ?

Notre travail de création est basé sur deux éléments essentiels de nos formations : la technique Acogny et la déconstruction des danses traditionnelles africaines. On retrouve toujours dans notre travail les références aux traditions, à l’expérience africaine, même si on peut s’en détacher de manière remarquable. Une analyse des œuvres que nous avons produites montrerait notre intérêt pour une poétique du quotidien et un engagement certain dans la vie de nos sociétés.

– Selon vous, qu’est ce qui a fait la notoriété et la crédibilité de l’école des sables ?

La personnalité et le charisme de Germaine Acogny et les danseurs eux-mêmes qui sont passés à l’Ecole des sables et qui sont nos meilleurs avocats.

un stage unique par la personnalité des femmes qui seront présentes

– Cette année vous lancer un énième stage de danse. Pour l’occasion, l’école des sables a invité quatre formatrices particulières… Qui sont elles ? Et pourquoi uniquement des femmes ?

Ce n’est pas un énième stage  !! Mais un stage unique par la personnalité des femmes qui seront présentes :

Elsa Wolliaston d’origine américaine et basée en France et une des pionnières de la danse africaine pratiquée en France.

Elsa Wolliaston ©Christophe-Raynaud-de-Lage-Sisters

Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Flora Théfaine du Togo, également une des premières à avoir commencé à enseigner la danse en France

Flora Théfaine

Irène Tassembédo du Burkina Faso, plus jeune que les autres qui a la particularité d’avoir travaillé en France et est retournée s’installer dans son pays pour y poursuivre son travail d’enseignante et de chorégraphe

Irène Tassembédo

Germaine Acogny qui n’est plus à présenter et qui est la fondatrice de l’Ecole des Sables

Germaine Acogny
Atelier de Germaine Acogny – CND de Pantin

Toutes sont de remarquables enseignantes, en plus d’êtres des chorégraphes reconnues. Pourquoi des femmes ? Pourquoi pas ? Ils se trouvent que nous voulions travailler sur des thèmes particuliers et surtout sur des rencontres particulières et là, il s’agit des femmes pionnières des danses d’Afrique. A ma connaissance, c’est la première fois que ces femmes se retrouvent toutes réunies dans le cadre d’un même stage de danse en Afrique.  Nous avons organisé l’an dernier au moment de la Toussaint, un stage avec des hommes uniquement, stage intitulé  “Les grands chorégraphes africains”.

Pourquoi des femmes ? Pourquoi pas ?

– Quel plus souhaitez-vous apporter aux participants à travers ce stage ?

L’expérience de toutes ces pionnières des danses d’Afrique au sein d’une des écoles de danses les plus connues du continent !

– Le 3 mars se tiendra une restitution. Que nous réservez-vous ?

Je crois que c’est une question pour les intervenantes. Toutefois, mon souhait es​t de faire partager au Grand public, l’expérience, le savoir-faire de ces femmes en ouvrant une fenêtre sur le « cours de danse » d’où l’intitulé ​​La grande Leçon pour la restitution. Ces femmes ont développé des protocoles, des techniques et une vision du corps dansant qui intègrent leur expérience africaine et leur propre vécu. Ces femmes qui sont des grand-mères et qui dansent, enseignent encore ont tellement de choses à donner et à partager. Il est important que le public sénégalais fasse leurs connaissances et que les danseurs africains et non africains puissent encore profiter de leur savoir et de leur sagesse. Alors, j’espère que le public aura, à travers cette présentation de fin de stage, une certaine idée de ce qui se passe dans un cours de danse et comment vision et pensée se traduisent en technique et mouvement de danse et les différences, variétés et perspectives que l’on peut avoir sur les pratiques de danses africaines. Bref, montrer la richesse de ce qui se fait en dans nos pratiques chorégraphiques et pédagogiques.

Categories: Arts scéniques

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