La démarche est inédite en Afrique de l’Ouest. L’artiste ivoirienne Valérie Oka présente une exposition qui mêle son coup de crayon à une touche digitale, renforcée par la “réalité virtuelle”.

Une expérience que vous pourrez vivre gratuitement dans le hall du Sofitel Hôtel Ivoire à Abidjan.

Par Orphelie Thalmas

Le Ministre ivoirien de la Culture se prête à la réalité virtuelle pour la visite de l’expo.

Si c’est la technique de l’artiste qui nous a particulièrement attirés, le rendu n’est pas étranger à notre fascination tout le long de la visite.

De loin, les portraits réalisés par Valérie Oka se prendraient bien pour des photographies des figures emblématiques de l’Afrique et du peuple noir qui ont marqué l’histoire. On reconnaît notamment Bernard Binlin Dadié, Léopold Sedar Senghor, Myriam Makeba, Bob Marley, Félix Houphouet Boigny, et Mohammed Ali. De la politique à la musique, en passant par le sport, ces porte-voix de la cause africaine et noire sont représentés avec une exactitude du détail qui donne une sensation d’hyperréalisme.

Crédit photo : Abidjan.net

Cette sensation est le résultat d’une technique artistique particulière que Valérie Oka a bien voulu partager :

  • L’artiste commence par dessiner sur deux feuilles distinctes au crayon ou un feutre
  • Sur la première feuille, elle dessine avec un tracé non fini, plus comme une esquisse qu’une réelle reproduction du modèle
  • Sur la seconde, elle travaille davantage les détails, les expressions, les émotions
  • Elle digitalise les deux dessins avant d’entreprendre un travail numérique d’assemblage de pixels
  • Le dessin est, par une technique d’impression digitale, transféré sur un support
  • A partir de là, le dessin est renforcé à l’encre, au feutre, ou au fusain

Mais l’hyperréalisme intervient véritablement quand la réalité virtuelle entre en scène. Le visiteur revêt un casque audiovisuel qui le transporte dans l’univers des différents personnages.

Il n’est plus seulement question d’une exposition, mais d’une performance qui amplifie l’intérêt pour l’histoire de l’Afrique des indépendances et de la résistance. L’attrait pour l’installation de Valérie Oka est double car attractive dans la forme et utile dans le fond.

Elle l’a intitulée “La carte n’est pas le territoire”, en référence de la citation d’Alfred Korsybski. En effet selon sa réflexion “L’histoire racontée n’est pas ce qu’elle est réellement. La capacité de voir et comprendre l’histoire du peuple noir est déformée par nos croyances”. Celles-ci peuvent être issues de notre éducation ou de nos confessions.

L’exposition s’achève le 31 mars.

Rappelons qu’elle exposait ses figures emblématiques dans le centre commercial Cap sud en 2017.

A CAP SUD

 

Categories: Arts scéniques

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