Dans notre pays, il y a des édifices coloniaux qui tombent peu à peu dans l’oubli. Il n’y a que quelques touristes qui durant leur séjour en Côte d’Ivoire se laissent guider par la curiosité et entreprennent la visite de ces sites “oubliés”.

Par David Dolégbé

Dans la ville de Dabou, à une heure d’Abidjan, se cache un de ces sites qui rappelle l’époque de la colonisation. Il est aisé de s’y rendre. Vous n’avez qu’à dire au chauffeur de taxi : « Je me rends au Fort ». Avec 200 Francs CFA, ce dernier vous dépose à l’entrée. Le bâtiment est situé à droite d’une piste de terre rouge.

Un large escalier de pierre vous accueille jusqu’à la porte du fort. J’ai su plus tard qu’il était auparavant ombragé par des manguiers immenses. Aujourd’hui, c’est un tas d’ordures et un pâtis qui y ont élu domicile. Il reste encore quelques manguiers dans la cour du fort. L’entrée principale a été fermée. On y a fait un trou qui permet de voir à l’extérieur et découvrir la rive Nord-Ouest broussailleuse de la lagune Ebrié. Tout en haut de l’entrée principale, des vieux canons rappellent son statut militaire de l’époque. En effet, ce bâtiment était à l’époque une sentinelle et un point important dans la stratégie militaire et douanière de la France.

A L’intérieur, La place où étaient gardées les armes a été transformée en jardin. Non loin de cette verdure s’élève une belle construction. C’était la maison du gouverneur. Un appartement de deux étages. Lors des fêtes, ce dernier restait sur sa dalle pour regarder les habitants danser et festoyer. Ce bâtiment a connu un incendie et a été aussitôt rénové. Telles sont les quelques anecdotes reçues de la bouche de Coulibaly et Fofana, résidants de ce lieux. Bien souvent, ils servent de guides aux visiteurs et m’ont d’ailleurs confirmé des informations que j’avais récoltées lors de ma revue sur le fort :

« Le bâtiment a été construit en seulement 10 jours par le commandant Louis FAIDHERBE, des doigts des indigènes sous couverts de travaux forcés en 1853. Et ce, pour mieux contrôler les activités sur la lagune Ebrié »

Nous sommes en 1871. la France digère mal sa défaite contre la Prussie. Le gouvernement rappelle la faible garnison qui se tient à Dabou. Arthur VERDIER, devenu le nouveau résident de France, ignorant sûrement la nécessité de ce bâtiment, laisse le fort de Dabou à l’abandon jusqu’en 1893 criblé par le délabrement. Cette année là, Le général Louis Gustave Binger arrive en Côte d’Ivoire et décide de le réhabiliter.

A sa suite, plusieurs administrateurs et personnalités le succèdent et résident au Fort. L’adjudant DRINOT, en 1894. Les missionnaires Pères BEDEL et  Alexandre HAMARD qui y dormiront quelques temps à leur arrivée dans la région le 28 septembre 1896.

Aujourd’hui, il ne reste plus que quelques vestiges qui rappellent le glorieux passé du fort de Dabou. Comme la plupart des constructions coloniales, le site a gardé sa solidité mais manque d’entretien. Or, il représente un patrimoine pour la Côte d’Ivoire à cause de l’histoire qu’il rappelle. Cet endroit doit donc être pris en considération. On y ferait par exemple un sérieux site touristique. Pourquoi pas ? C’est encore possible. Pensons-y avant qu’il s’écroule sous les poids du délabrement.

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