Le 24 mai 2018, nous assistions au vernissage de Hotel Emmanuel, l’exposition de Bénédicte Kodjo à Kajazoma concept. Cette exposition nous a séduits pour trois raisons : Le traitement du sujet, la technique, et l’installation.

Par Orphelie Thalmas

Le sujet

On la soupçonnerait d’être obsédée par les façades, les portes, et les fenêtres délabrées. Ils apparaissent sur la quasi totalité de ses clichés. Ils illustrent d’emblée une condition sociale difficile. Et si la misère y est flagrante, elle est traitée “différemment”, avec brillance. La rouille ou la moisissure ne sont pas dissimulées, non. Mais les couleurs, leur éclats, les angles, et les compositions produisent une sensation contradictoire.

Ces foyers ou ateliers de quartiers précaires n’inspirent plus seulement compassion ou rejet, ils fascinent et appellent admiration. Les préjugés tombent et on est tentés de s’intéresser à la vie, aux histoires des habitants.

Le traitement de Bénédicte Kodjo pourrait aussi bien éclaircir cette idée selon laquelle la richesse et la beauté ne sont pas qu’apparentes ou matérielles. Dans les endroits les plus simples, peuvent se trouver les valeurs les plus nobles et les cœurs les plus apaisés.

La technique

Bénédicte Kodjo est iphoneographe. Toutes les photos exposées pour Hôtel Emmanuel ont été prises avec un iphone. Le rendu vous convainc qu’il est question d’un appareil photo pro, mais il n’en est rien. Tout s’est joué sur les prises de vue. Avoir le bon coup d’œil était un impératif. Mais la sensibilité a aussi beaucoup joué.

En effet l’artiste a eu pour allié sa spontanéité. Il n’y a pas eu de repérage. Elle a fonctionné au déclic en passant par-ci, par-là. Depuis 2014, son compte instagram archive des centaines de clichés de ces sujets “anodins” dont elle arrive à ressentir la beauté et à en ressortir la profondeur.

L’installation

Si Bénédicte Kodjo capture au coup de cœur, au déclic, la phase d’installation répond à une réflexion pour son exposition. Elle marie les couleurs, fait des puzzles improbables, déconstruit les schémas attendus pour un résultat toujours esthétique. Dans la salle de vielles chaises, des barils vides, des bidons, et des bancs mettent le visiteur dans l’ambiance.

Photos : Herkane, courtesy of A’lean and friends

 

Categories: Arts visuels

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