On définit l’art comme l’expression de l’idéal esthétique d’une aire culturelle. Sont appelés artistes les hommes qui y concourent. Toutes les civilisations ont un art et des artistes. Mais voilà, je vous mets au défi de trouver un équivalent du mot « art » ou « artiste » dans une langue d’Afrique noire. Étrange ! Pourquoi n’existe-t-il pas de mot Baoulé, Éwé ou Krou pour désigner cette notion universelle ?

Pourtant, la simple sortie d’un masque sur la place du village convoque sculpture, chant, danse, musique, oralité, stylisme-modélisme, design, théâtre, mise en scène, etc. Répondant en chœur aux chants, dansant en écho avec les pas du masque, la communauté est un acteur à part entière du spectacle. Monsieur et madame Tout-le-Monde rivalisent parfois de virtuosité avec la troupe officielle. Pas d’écoles, pas de lieu ni de séance de répétition, la transmission est diffuse, confuse, mais elle est là, dans la famille, au champ, dans les saisons, la pluie, la sécheresse, les événements de tous les jours… On trouve de l’art dans tout et partout. Il est de tous les temps, de tous les instants, dans toutes les instances. Cette conception d’un art omniprésent, un art total, voire totalitaire, un art « évident » dispense de trouver un mot pour le désigner. On n’exprime pas l’évidence, on ne nomme pas la quintessence… notre culture est riche.

Mad in Gauz

One comment

Le geste technique de Gauz : L'art africain n'existe pas

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *