« Chroniques Etranges d’Afriki », sixième et dernière sortie de l’écrivaine ivoirienne Mahoua S. Bakayoko est un pur délice livresque. Je vous donne quatre raisons pour lesquelles j’ai flashé sur ce livre et je vous le recommande.

Par Maunik A.

  1. Un titre « étrange »

« Chroniques Étranges d’Afriki » un titre presque baroque qui laisse à la fois dubitatif et curieux sur le contenu de cet ouvrage. Mais ouvrez-le, dès les premières lignes, il vous fait déjà saliver. Une œuvre artistique à l’image de la peinture de De Kimbirila qui fait office d’illustration de la première de couverture, preuve de son attachement aux valeurs culturelles de son Afriki natal.

Vous le constaterez, la préface et la 4ème de couverture jouent bien leur rôle, elles plantent le décor, vous aiguillonnent et stimulent votre désir de dévorer les lignes qui suivent… Lire le 1er chapitre achève de vous convaincre de parcourir ce recueil de (25) récits succulents les uns les autres.

  1. Le vocabulaire simple, accessible mais riche

Mahous S. Bakayoko est un écrivain qui manie avec dextérité la langue de Molière. Tout au long de cet ouvrage qui se veut critique et didactique, vous vous rendrez compte que cela se ressent dans son œuvre. Un ouvrage savamment écrit, agréable et facile à lire, avec un vocabulaire fourni… Des mots à la fois percutants et exaltant dans un langage simple et direct. Une forme d’écriture qui invite à la lecture. Dans ce maniement si subtil de la langue qu’on lui connaît, elle dévoile, mais au-delà attire l’attention pour sans nul doute aboutir à un changement de mentalité… Pour tous les amoureux des belles lettres ; pour tous ceux et celles qui aiment la bonne littérature ; je vous garantis que votre soif sera étanchée. Bien plus, vous serez conquis.

  1. Les vertus et les dilemmes moraux

Ces chroniques parlent bien d’une histoire, celle de l’Afrique en proie aux vices et dérives qui mettent en mal son évolution. Et ce à travers plusieurs histoires différentes incarnées par différents personnages. Ces nouvelles dénoncent sans barbouillage certains tares de notre Afriki, porte un regard critique sur les réalités sensibles de notre société contemporaine, mais touche également du doigt les valeurs cardinales qui régissent la société africaine, malheureusement en voie de disparition. Elles fustigent et à la fois corrigent grâce à ces textes touchant et saisissant qui retracent la réalité, la mienne, la vôtre, la nôtre, la leur… Des sujets qui poussent à l’introspection et à la conscience populaire sans toutefois choquer, mais inviter à la réflexion.

  1. Descriptions vivantes

Les descriptions de lieux et de personnages ne nous sont pas toujours étrangers. L’on aurait dû fait mention dès le départ de cette formule sacro-sainte « Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait purement fortuite ». Et ce, en raison du réalisme qui se dégage des personnages. De même que l’exactitude et la précision avec laquelle ils sont décrits. Des sujets fictifs calqués sur le monde réel, et nous rappellent quelque peu nos réalités. Ces personnages singuliers pourraient être vous et moi… Naïfs, cupides, avides de pouvoir, abonnés à la facilité, en quête d’amour, désenchantés, etc. Toutefois, il n’y a pas que des images négatives, il y’en a d’honnêtes, réalistes, généreux et consciencieux… Comme pour dire, tout n’est pas perdu pour l’Afrique.

Après ces vingt-cinq (25) histoires parcourus, je peux vous le garantir, il y a quelque chose de profondément jouissif dans les lignes de cet ouvrage.

 

 

 

Categories: Littérature

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