J’ai toujours rêvé d’aller en Russie. J’ai lu tellement des choses au sujet du pays. Une écriture pas comme les autres, des gens qu’on fait passer pour la mafia ou le KGB dans les films.. Et  Vladimir Poutine.. Avec son visage qui ne change jamais.

Alors j’ai fait ma valise.  J’ai emporté avec moi, les maillots des équipes africaines que je collectionne : Nigeria, Sénégal, Maroc, Tunisie et Egypte.  Je voulais porter l’Afrique haut. Je voulais aussi goûter la Russie.

Par Nnenna Nwakanma

Premier choc, il y a trois aéroports internationaux dans la seule ville de Moscou. Je descends à Vnukovo, et déjà le monde est là. Les sud-américains sont partout.  Je trouve le transport bien organisé, moins cher. J’ai une heure trente minutes pour arriver via train et métro dans la banlieue de Tsaritsyno où se trouve mon hôtel.

La Red Square ou Place Rouge a été aménagé pour la fête. Non non, ce n’est pas ici la Fan Zone.  La Fan Zone de Moscou a été aménagée pour accueillir au moins 50.000 personnes. Mais à Red Square, il y avait le Mondial des Fans, là où les supporteurs peuvent se constituer en équipe et jouer contre les autres équipes des supporteurs.  Il y avait du foot : pour les fans, pour les adultes, pour les jeunes, pour les enfants. La Russie et la FIFA ont mis du paquet pour nous faire vivre du rêve.

Et de tous les pays, c’est le Nigeria qui a frappé fort. Organiser toute une journée culturelle, avec sa musique, ses artistes,  ses différentes danses, et même sa gastronomie… Il fallait le faire. Naturellement, je me suis pointée pour profiter de ce moment. 

Le lendemain, il faut aller à Spartak Stadium pour soutenir la Tunisie contre la Belgique. Il y a trois stades de carrure internationale à Moscou: Luzhinski, Spartak et CSK.  Les jours de matchs, la ville nous offre le transport. La Tunisie perd le match.. Mais bon, j’ai fait ma part. J’ai supporté. Le lendemain,nous devons faire cinq à six heures de route par train pour gagner Saint Pétersbourg. Là-bas, le Nigeria a affaire avec l’Argentine. Le voyage en train est gratuit, aller-retour.

A six heures, le matin du 26 juin, les argentins faisaient déjà du boucan en ville. Au stade, c’était pire. Les gradins étaient tellement bleus… C’était comme si le ciel s’était déplacé. Le match a commencé à 21 heures pour finir à 23 heures. Nous sommes partis de la ville à 03 heures 20 du matin le 27 juin. De mon arrivé à mon départ il a fait jour. Non, la nuit n’est pas tombée cette “nuit” là.

Résultat du match Nigéria – Argentine? Bah le Nigéria a perdu et les bleus on fait la fête à l’usure.   Nous les verts, on est rentrés dans le silence.

Après cette défaite, il me restait encore le Sénégal.  Je prends courage et je mets mon foulard… direction Fan Zone pour le dernière espoir africain.  Perdue. Toute l’Afrique est éliminée.. On doit tous rentrer au bercail.

Que retenir de voyage?

  • Si tu connais  les “kro”, “fla” et “dougou” en Côte d’Ivoire, il y a leur équivalent russes.  Ce sont les “skaya”. C’est la terminaison pour beaucoup des noms d’endroits.
  • Les russes sont un peuple discipliné, rigoureux et travailleur. Les villes sont propres, les stations de métros aussi. Les banques s’ouvrent de 08:30 à 19:30.
  • C’est une nation qui prend bien soin des personnes âgées. J’ai vu pas mal des vieux pères et vieilles  mères en ville…qui étaient biens dans leur peaux.
  • Ils ont ceci de commun avec l’Afrique: le respect du cercle familial, le respect des aînés, ainsi que l’entre-aide. Maintes fois les jeunes russes sont venus m’aider avec ma valise.
  • Il fait bon vivre en Russie, en tout cas, en été. Le pays est vert, bien batti et bien développé. Oubliez un peu ce que racontent les médias. Avec 750 Rubles (6.000 francs CFA)  on achète 20 titres de transport, un titre étant suffisant pour traverser la ville d’un bout à l’autre. Je ne sais pas dans quel autre pays de l’Europe on peut assurer une semaine de transport avec 10€, dans des trains qui  ont un wifi gratuit et la télé en direct.

Malheureusement, les russes, pour la plupart ne connaissent pas beaucoup l’Afrique. Ils n’ont l’idée du continent que ce que les médias rapportent.  Ils nous ont donc jugé à travers nos équipes du mondial. Et la décision est sans appel: Les africains ne sont pas concentrés. Ils ne se battent pas assez. Ils  manquent de discipline et d’organisation. Un mot pour résumer notre mondial – médiocre.

 

Categories: Société

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Nnenna au mondial : Entre culture russe et culture africaine

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