La Côte d’Ivoire, c’est aussi une mosaïque de danses traditionnelles, chacune aussi singulière que l’autre…un riche répertoire chorégraphique rural.

Si les peuples ivoiriens s’imprègnent de plus en plus du modernisme et de ses corollaires notamment des rythmes urbains (Zouglou, Coupé Décalé, Hip-Hop, Rnb…), il n’en demeure pas moins qu’ils restent fermement attachés à leurs danses traditionnelles. Ces danses qui sont des danses de réjouissances reflètent pour la plupart un état d’esprit, la manière dont chaque peuple appréhende sa tradition et sa culture, ce qui est interdit et permis.

Par Murielle Celianthe

Aussi sont-elles un puissant moyen de rassemblement des fils et filles des différentes régions qui commémorent ensemble pendant quelques heures ou quelques jours leur tradition, faisant la promotion des richesses culinaires et des masques ivoiriens.
Nous faisons la part belle à quelques-unes de ces danses qui sont un peu moins connues que les autres.

LE DOH

Le Doh est une fête de réjouissance Koyaka qui se tient les 2 premiers jours de la fête de TABASKI. Signifiant « tabou » en langue Koyaka, le Doh revêt un caractère sacré, il n’est pas accessible à tous, notamment aux femmes, à qui il est formellement interdit de voir les masques lors de la cérémonie. Exécuté seulement la nuit, la danse Doh est accompagnée de démonstrations de puissances, de tam-tam et de chants traditionnels. Ce sont 11 masques au total, chacun aussi atypique que l’autre, qui présentent aux festivaliers leur agilité et leur puissance mystique.

Le Doh se déroule le plus souvent dans la région du Béré à Mankono.

L’ADOWA

L’adowa est une danse populaire en pays Akan, qui n’est associée à aucun masque. Elle signifie en langue Abron, danse de la biche royale et s’exécute le plus souvent durant les cérémonies funèbres et les événements sociaux publics. A chaque danse de Adowa, une histoire unique est racontée par le langage corporelle des danseurs. Ces derniers captivent l’attention des spectateurs par les mouvements qu’ils font avec leurs mains. Un langage corporel qui est accentué par l’utilisation d’un petit tissu blanc qu’ils tiennent en main.
Pour accompagner la danse adowa plusieurs tambours, sont utilisés notamment une paire d’atumpan, un tambour en sablier, le donno, un apentemma, un petia, un brenko.
A ces tambours s’ajoutent des cloches: une cloche double, le dawuru, et une cloche simple, l’atoke

L’ABODAN

L’Abodan est aussi une danse traditionnelle issue du pays Akan, précisément une danse du peuple Agni exécutée dans l’est de la Côte d’Ivoire notamment dans la région de l’Indenié-Djuablin.
L’Abodan est dansé pendant les grands évènements culturels tels que la fête des ignames ou fête de la purification, qui réunit tous les fils et filles du royaume autour de leur souverain…une façon solennelle de remercier et de rendre un culte aux esprits et aux ancêtres pour leur assistance et leur protection.
Elle s’exécute aussi à l’occasion des obsèques d’un riche homme et les grandes rencontres culturelles et traditionnelles.

LE ZAGROBI

Le Zagrobi est une danse de l’ouest de la cote d’ivoire, une danse du peuple bété. Elle se caractérise par la nature du message qu’elle transmet. Une histoire immuable et très ancienne selon laquelle après plusieurs jours de marche dans une forêt sacrée, un chasseur a interrompu des génies en plein rituel. Ce dernier s’étant échappé a finalement été rattrapé par les génies qui ont fini par l’initier à la danse Zagrobi. Une danse qui est pérennisée par les anciens et exécutée seulement pendant les mariages par les femmes mariés.

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